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Musée Archéologique

Bref historique

Sous la façade ouest des bâtiments de l'Institut, du côté de l'ancienne Garonnette, M. Fort, architecte de l'établissement, entreprit des fouilles à partir de 1933. Il mit au jour les restes d'un rempart gallo-romain probablement de la fin du IIIe siècle après J.C. [1]

M. l'Abbé BACCRABERE, docteur en droit canonique, et une équipe ont aménagé progressivement un musée à partir de 1973.

Le 5 octobre 1974 a lieu l'inauguration de ce « muséosite ». Il présente sur les deux côtés de la grande façade ouest de l'Institut catholique et au niveau de la cour base, un mur antique maintenant visible sur plus de 71 m (chaque côté).
À l'époque, cet aménagement possédait en outre une salle avec une cinquantaine de sculptures et une maquette de Toulouse romaine.

Actuellement, l'ensemble archéologique comprend trois thèmes principaux [2]

> Section Antiquité et Moyen Age

Le rempart possède en fondation une série importante de sculptures funéraires. Il forme un ensemble archéologique de premier plan et est classé monument historique depuis le 11 décembre 1963.
Tout à côté, les salles du musée présentent dans leur perspective d'origine les diverses sculptures retirées du monument. Nous y voyons des « consoles » d'un type rare hors de l'aire antique toulousaine, deux Attis funéraires, deux têtes de Gorgones, des chapiteaux, des bases, le drapé d'une statue gallo-romaine, divers éléments architectoniques[3], ainsi que deux moulages de sculptures provenant du rempart dont les originaux sont conservés au Musée Saint-Raymond à Toulouse. Enfin, le dernier élément remarquable, un sarcophage paléochrétien en marbre, probablement du IVe siècle, offre sur ses côtés un décor de vases d'où sortent des pampres de vigne avec des grappes de raisins.
Une maquette de Toulouse antique au 1/1000e, de type « évolutif » replace le rempart dans son contexte et redonne son volume à cette petite « Rome de province ». On peut voir ainsi ses édifices : temples, forum, théâtre, thermes et sa grande enceinte avec les tours et les courtines[4]. Une autre maquette volumétrique d'un monument funéraire toulousain, au 24e, donne une idée de ce que pouvaient être de tels ouvrages.
À côté de ce monument, nous avons également une reproduction de tombes simples.
Agrémentant le rempart, la galerie et plusieurs salles présentent d'autres sculptures, des mosaïques de diverses provenances[5] , un fragment de l'aqueduc[6], une grande meule gauloise...
Ces mêmes galeries contiennent également des sculptures du Moyen Âge. Des chapiteaux, des stèles et des croix funéraires évoquent la vie à Toulouse au temps des Capitouls. L'argile a aussi sa place dans des vitrines, où l'on peut voir de nombreux pots et cruches, échantillons de la céramique toulousaine, entre autres, du XIIIe au XIXe siècles. La terre cuite architecturale est représentée surtout par deux beaux lions du XVIIIe siècle.
Mentionnons enfin des éléments de paléontologie et de géologie (marbres) exposés dans des vitrines à la ventouse nord.

> Section Fonderie

Sectionnant le rempart antique en plusieurs endroits, des galeries voûtées et passages en briques nous rappellent que dans les anciens locaux des religieuses de Sainte-Claire du Salin, la Fonderie Nationale de canons s'était installée en 1793. Sous diverses appellations dues aux changements de régime, elle dura jusqu'en 1866. Les seuls vestiges encore en place sont les parties basses des fours à fondre le bronze.
Dans une salle spéciale sont exposés : plans, vues et divers objets, tels moulages ou maquettes de canons, ainsi que différents types de boulets. En résumé, il s'agit là dans cette section de l'un des témoins privilégiés de la période révolutionnaire à Toulouse et du patrimoine industriel de la région[7].
L'ensemble de la Fonderie (ventouses, cheminées, rampes d'accès...) est inscrit, depuis le 13 février 1996, sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

> Section Traditions et Art populaire

Pour rendre la visite plus attrayante, les deux principales galeries de la Fonderie présentent l'ancien outillage de plusieurs professions de la vie rurale toulousaine, au siècle dernier. C'est ainsi que l'on peut voir, dans la ventouse nord, les outils professionnels des métiers de la campagne et de l'alimentation, telles la panoplie du meunier, du boulanger, de l'agriculteur, du vigneron, mais aussi du maréchal-ferrant avec quelques pièces d'attelage. La ventouse sud expose l'artisanat, par exemple le travail du fer et du cuivre. Elle comprend les outils du martineur de Durfort, du forgeron, du soudeur et du serrurier ; l'outillage du bâtiment : maçon, tailleur de pierre et de brique, ramoneur ; l'art du bois avec le charpentier, le menuisier, le bûcheron, le sabotier et également un artisanat typiquement local : le jouatier ; puis l'imprimeur, le relieur, l'horloger et le balancier. Nous pouvons voir le fourreur, le gantier, le chapelier et le coiffeur. Ajoutons le faïencier, le miroitier et un métier féminin : la blanchisseuse avec ses battoirs et ses baquets.
Bref, nous présentons une section des arts et traditions populaires comprenant un millier d'outils.

Souvenirs de l'Institut catholique

Pour compléter cette longue énumération, nous terminerons par des souvenirs de l'Institut. Dans deux grandes vitrines, sont exposés des appareils de chimie du chanoine J.-B. Senderens qui fut professeur dans ces murs et qui travailla avec Paul Sabatier, prix Nobel de chimie. Tout à côté, des instruments de physique ont appartenu à Mgr Z. Carrière. Il étudia l'acoustique et plus particulièrement la propagation des sons. Enfin, le Père J. Carles, maître de recherches en biologie végétale, présente ses appareils avec les brevets d'invention.

Cet ensemble permet aux visiteurs de traverser brièvement les siècles et de voir l'empreinte qu'a laissée l'homme sur le sol toulousain. La variété et le nombre de motifs sculptés d'origine gallo-romaine font actuellement de ce musée une collections architectonique de premier plan et la plus belle sur la ville antique de Toulouse. Enfin, les diverses sections situées dans leur cadre d'origine donnent à cette présentation une qualité archéologique exemplaire et prestigieuse.

Visites

> une fois par mois, le dimanche après-midi (voir tableau d'affichage) ;
> sur rendez-vous, en semaine, pour les scolaires et universitaires.

          Conservateur : P. Jean JOSEPH
          Conservateur adjoint : M. Gérard VILLEVAL,
          Conservateur émérite : P. Georges BACCRABERE

[1] G. BARNAUD, Répertoire des musées et collections publiques de France, Paris, 1982, p. 403 ; P. CABANNE, Guide des musées de France, Paris, 1984, p. 111 ; Guide des musées archéologiques de France, dans Archeologia, Hors-série, n° 411, p. 191 ; G. BACCRABERE avec la collaboration de A. BADIE, L'enceinte du Bas-Empire à Toulouse, dans Aquitania, t. 14, 1996, p. 128, 129.
[2] G. BACCRABERE, Musée archéologique de l'Institut catholique de Toulouse, dans Les Musées de Toulouse vus par leurs conservateurs, Drémil-Lafage, 1994, p. 95-98.
[3] Id., Le rempart antique de l'Institut catholique, dans Chronique, 1974, n° 4 (Supplément B.L.E.).
[4] Id., Étude de Toulouse romaine à propos d'une maquette, à l'Institut catholique dans Chronique, 1977, n° 3 (Supplément au B.L.E.), pp. 110-115.
[5] Id ;. Habitat Gallo-romain dans le Toulousain, dans Chronique, 1983, n° 1-2 (Supplément B.L.E.), p. 27, fig. 3 et 4, pl. 1 et 2.
[6] Id., Habitat, alimentation et évacuation des eaux à Toulouse dans l'antiquité, dans Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, vol. 146 (16e s., t. V, 1984), p. 105-109.
[7] Id., Histoire d'une fonderie de canons (1793-1866). L'Institut catholique de Toulouse, dans Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. 49, 1989, p. 207-243.

Pour en savoir plus, voir : le site Musée Archéologique Lien externe






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