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Recensions JUILLET-SEPTEMBRE 2009

Minerva. Liturgia, Fiesta y Fraternidad en el barroco español

I. Congreso nacional de Historia de las Confradías sacramentales, Sepúlveda, universidad de Valladolid, 2007, vol. de 512 pages.

C'est dans une belle présentation, que sont publiés les actes du Congrès sur l'histoire des Confréries du Saint Sacrement, organisé par celle qui existe toujours à Sepúlveda, en collaboration avec l'université de Valladolid, les 13- 15 avril 2007.

Les conférences et communications offrent une diversité d'angles de vue. Nous y trouvons une esquisse d'histoire de la messe, jusqu'à l'époque médiévale, qui se plaît dans les interprétations allégoriques des rites et où le désir de voir l'hostie se substitue à la communion régulière des fidèles. L'élévation, au début du XIIIe siècle, et, à la même époque, la fête du Corpus Christi sont l'aboutissement de la tendance, remontant à plus de cent ans, à mettre bien en vue la réserve eucharistique, pour l'entourer de marques d'adoration. Les fresques, retables et miniatures du Moyen âge représentant la Cène se situent dans la même mouvance. En Espagne, la solennité connue en France sous le nom de Fête-Dieu, fixée à la deuxième semaine après la Pentecôte, connaîtra un grand essor, avec une procession populaire, aux abords du 15e siècle. Les Confradias del Corpus, issues de ces initiatives, s'inscrivent dans un contexte d'associations médiévales vouées au culte d'un saint ou d'un mystère religieux, assurant à leurs membres et souvent à d'autres, les secours que nécessitent la pauvreté, la maladie, le service des défunts ; elles ont parfois un caractère professionnel. Le 16e siècle sera, dans la Péninsule, leur âge d'or, bien que les autorités ecclésiastiques et civiles s'efforcent de mettre des limites à leur trop grande influence, arguant d'abus à déplorer. Le Congrès de Sepúlveda a accordé une place importante à ces diverses fraternités qui sont à la fois religieuses et profanes.

Cette ville, en effet, comme tout le diocèse de Ségovie, où elle se trouve, fournit une intéressante documentation à leur sujet, surtout du 18e au 20e siècles... Mais il faut signaler l'importance particulière de la métropole de Tolède, où chaque paroisse, qu'elle soit de rite romain ou hispanique, possède sa Confradía del Corpus qui anime, à son tour, l'un des jours de l'octave de la Fête-Dieu. La Confrérie de la cathédrale avait été incorporée, avec les mêmes privilèges, à celle de l'église de la Minerve, à Rome, approuvée par Paul III en 1539, d'où l'appellation désignant souvent l'institution castillane. Le Congrès s'est intéressé aussi à d'autres localités : Cantalejo, près de Sepúlveda, avec ses danses et ses créations théatrales, Valence, Grenade, Cordoue, Malaga, etc.

Pour bien comprendre tout l'intérêt de ces pages, il ne suffit pas de souligner la rigueur de la recherche historique menée par chacun des intervenants. Leur projet, en effet, n'est pas seulement de rendre compte du fonctionnement des confréries, mais de percevoir ce que leurs membres ont vécu et exprimé par la fête et la communauté fraternelle, à l'époque où tout ce que l'on met sous le terme de baroque marquait la mentalité et la religiosité populaires, en Espagne peut-être plus encore qu'ailleurs. La liturgie célébrée par les confradías a pu se complaire dans les marges des formes éprouvées de l'authentique tradition, mais on ne saurait oublier qu'elle a nourri la prière et entretenu la ferveur de ceux qui ont su transmettre la foi à leurs descendants.

Robert CABIÉ







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