Accueil
Recensions JANVIER-MARS 2008

Michel ZINC, Un portefeuille toulousain
Michel ZINC, Un portefeuille toulousain, Paris, Éditions du Fallois, 2007, 264 p. Michel Zinc, titulaire de la chaire de littérature gothique au Collège de France et directeur de la collection "Lettres Gothiques" chez Hachette, délaisse cette fois la recherche universitaire pour livrer aux lecteurs un roman réaliste qu'il situe à Toulouse, en 1957, l'année de la mort du cardinal Saliège. Le cadre, presque un huis clos, se resserre entre la rue Perchepinte et la rue de la Fonderie avec une échappée rue du Japon. Les protagonistes vont de l'Institut catholique au Musée Paul Dupuy, du lycée Fermat à la Pension Bertrand et se croisent rue Ozenne ou dans le salon d'un hôtel particulier rue Philippe Féral. L'auteur décrit la microsociété de ce quartier de Toulouse peuplé des familles de la noblesse provinciale, ou d'une bourgeoisie assez vieille pour lui être presque assimilée, et de savants ecclésiastiques. Dans ce milieu, un jeune agrégé d'origine modeste, tente de s'intégrer sans connaître, ni les codes ni les secrets. Michel Zinc introduit des personnages de fiction et des noms de personnalités connues, Mgr de Solages, le chanoine Salvat, le chanoine Nègre ; il en évoque d'autres qu'il laisse au lecteur le soin d'identifier (M. Z). Le livre vaut plus par cette description, qui ravira les anciens Toulousains, que par l'intrigue policière, qui peut paraître mince et sans rebondissement. L'auteur joue avec les canons du roman policier, mais toujours sur un octave en dessous : un faux cambriolage, une maison close désaffectée, une agression sans gravité... L'ironie du style, la précision des descriptions, l'érudition, le message moral rattachent l'ouvrage à une littérature de professeurs et évoquent Anatole France : Emilien Rebeyrol est le digne successeur de M. Bergeret. La solution de l'énigme ébranle les fausses certitudes et les claires frontières entre traîtres et héros.
J.-F. GALINIER-PALLEROLA
|