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Recensions JANVIER-MARS 2008

Serge TCHETVERIKOF, Le Starets moldave
Païssij Velitchkovskij (1722-1794). Sa vie,
son enseignement et son influence sur le
monachisme orthodoxe
Serge TCHETVERIKOF, Le Starets moldave Païssij Velitchkovskij (1722-1794). Sa vie, son enseignement et son influence sur le monachisme orthodoxe, Traduit du russe par François de Damas, Abbaye de Bellefontaine, "Spiritualité orientale, 68", 1997, 432 p. Comme celui d'Occident, le monachisme d'Orient connaît deux formes principales : anachorétique et cénobitique. Mais la solitude complète et la vie communautaire y sont moins distinguées que dans la tradition occidentale : le même moine peut, successivement, vivre en ermite et au monastère. Les grands moines vénérés par l'Église orthodoxe ont presque toujours connu ces deux états, ainsi que la forme intermédiaire des "skites", cellules proches les unes des autres et permettant à des ermites de partager une certaine fraternité. C'est le cas de Païssij Velitchkovskij, dont l'itinéraire traverse tous les grands lieux et unit tous les aspects du monachisme byzantin. Né en Ukraine, il étudie à l'Académie de Kiev où il reçoit très tôt l'appel à devenir moine. Pendant près de dix ans, il ira de monastère en monastère, avant d'émigrer au mont Athos où il demeurera quatre ans dans la solitude. Ordonné prêtre, il voit venir à lui des disciples et fonde une première communauté. Mais des difficultés de tous ordres amènent le groupe à quitter la Sainte Montagne pour la Moldovalachie, à l'est de l'actuelle Roumanie. Païssij y vivra plus de trente ans, fondant plusieurs monastères, dispensant un enseignement abondant sur la vie spirituelle, traduisant les oeuvres des Pères grecs en slavon, organisant la vie liturgique et communautaire, ainsi que des services d'assistance et de charité. Païssij impulsait ainsi un renouveau qui, de l'Athos à la Russie, s'observe tout au long du XIXe siècle. Cette vie donnée reste cependant marquée par les raideurs et les limites de son époque. On sera peut-être surpris de l'intransigeance ecclésiale de ce grand spirituel pour qui, par exemple, le fait de se signer avec deux doigts (et non trois) est une trahison impardonnable, valant malédiction et anathème (p. 288) ! Vieux croyants, Uniates, catholiques romains sont rejetés en bloc au nom de la sainte orthodoxie : on peut penser que ce souci de fidélité à la tradition eût pu prendre des formes plus bienveillantes. Mais par ailleurs, Païssij donne d'admirables conseils de vie spirituelle et d'humilité ; le chapitre sur la prière du coeur (p. 171-221) en est un bon exemple. Le P. Tchetverikov, prêtre russe émigré en 1919 à Paris, a rédigé cette biographie à l'aide de documents anciens. Publiée en 1938 en russe, elle est ici traduite pour la première fois. Elle a parfaitement sa place dans la belle collection "Spiritualité orientale" des Éditions de Bellefontaine.
Daniel VIGNE
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