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Recensions JANVIER-MARS 2008

Marianne SCHLOSSER, Saint Bonaventure.
La joie d’approcher Dieu
Marianne SCHLOSSER, Saint Bonaventure. La joie d'approcher Dieu, Paris, Éditions du Cerf, "Initiations au Moyen Âge", 2006, 238 p. Beaucoup moins étudié que son contemporain Thomas d'Aquin, saint Bonaventure n'en est pas moins, après lui, le plus grand théologien du Moyen Age. Ce docteur "séraphique", dont la spiritualité franciscaine emprunte des voies différentes de celles du docteur "angélique" dominicain, mérite pleinement l'attention que Marianne Schlosser lui consacre. Ayant soutenu une thèse sur cet auteur à Munich, elle travaille aujourd'hui, à l'Université de Vienne, à faire connaître la théologie et la spiritualité médiévales comme deux aspects d'une unique démarche religieuse. De fait, connaissance et amour sont, chez Bonaventure, indissociables. Le discours sur Dieu doit selon lui, plus encore que de la raison, procéder d'une expérience intérieure, être porté par la grâce et par l'élan de la volonté. Cette insistance découle d'une conception ancienne, familière aux Pères de l'Église, selon laquelle l'image de Dieu imprimée en l'homme aspire à être déployée dans la ressemblance, c'est-à-dire la participation et l'union intime au mystère de Dieu. Connaître Dieu n'est pas tant affaire de savoir que de saveur, selon le sens premier du mot sapere, goûter ; la sapientia ne donne-t-elle pas accès à la douceur de Dieu en même temps qu'à sa vérité ? La première partie du livre retrace la vie de celui qui fut le septième ministre général de l'ordre franciscain avant d'être nommé cardinal et, à ce titre, de participer au Concile de Lyon de 1274, pendant lequel il mourra. Ce parcours biographique est relaté dans un style très lisible, avec d'utiles éclairages historiques. La seconde partie intitulée "portrait théologique" présente les idées directrices de sa pensée. On aurait pu espérer que l'auteur en soulignât davantage les enjeux et l'actualité qui sont réels, bien que peu de théologiens portent attention à cet auteur - la dernière traduction française de ses oeuvres complètes date de 1856 ! Rappelons toutefois que J. Ratzinger, jeune professeur à Freising, rédigea une thèse sur sa conception de l'histoire. Et remercions M. Schlosser de renouveler notre intérêt pour ce docteur de l'Église qui fut avant tout un grand spirituel.
Daniel VIGNE
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