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Recensions AVRIL-JUIN 2007

Alain MARCHADOUR, David NEUHAUS, La Terre, la Bible et l'histoire
Alain MARCHADOUR, David NEUHAUS, La Terre, la Bible et l'histoire, Paris, Bayard, 2006, 238 p. Bien que différents par leur origine, leur culture et leur histoire, A. Marchadour et D. Neuhaus ont en commun aujourd'hui de travailler ensemble à Jérusalem, et de partager les mêmes questions, notamment celle, particulièrement brûlante, de la terre d'Israël et de son histoire. Depuis plusieurs millénaires et jusqu'à aujourd'hui, l'histoire de cette terre a été en effet, plus que celle de beaucoup d'autres régions du monde, mouvementée de façon quasi ininterrompue. La Bible, Ancien et Nouveau Testament, témoigne également du retentissement qu'a eu, depuis près de quatre millénaires, l'histoire de ce petit pays dans le monde entier, notamment à travers le judaïsme, le christianisme et l'islam, engendrés tous trois, pleinement ou partiellement, à partir de la Bible. Se situant clairement comme chrétiens, et s'adressant d'abord à des chrétiens, les auteurs de cet ouvrage ont pu constater combien la signification de la Terre sainte divisait et parfois opposait les chrétiens. En découlent souvent, en fonction des sensibilités et des engagements respectifs des uns et des autres, des prises de position contradictoires, inspirées par la passion. D'où la question qui traverse cet ouvrage : "Est-il possible, par-delà les positions partisanes et nécessairement partiales, de proposer une compréhension cohérente de la terre qui tienne compte de la complexité des divers facteurs en jeu ?" Pour contribuer à ce travail de compréhension, A. Marchadour et D. Neuhaus ont construit leur étude autour de trois étapes : a) l'interprétation de la terre dans la Bible ; b) la terre dans la relecture chrétienne ; c) la terre dans les documents de l'Église catholique contemporaine. Des encadrés accompagnent ces différentes parties, et deux annexes concluent l'ouvrage. La première reprend la lettre apostolique Redemptionis anno de Jean Paul II sur "Jérusalem, patrimoine sacré de tous les croyants" (20 avril 1984) ; la deuxième comporte une sélection de livres en français et en anglais de grand intérêt sur ce sujet, ainsi que des documents officiels de l'Église catholique. Ces deux annexes sont précédées par une conclusion, à laquelle les auteurs ont préféré donné le titre d'"Ouvertures" qu'accompagne ce sous-titre : "Terres saintes d'hier et d'aujourd'hui". Car c'est bien ce que l'on retient de la lecture de cet ouvrage : "Pour qui accepte d'entrer dans le dynamisme qui traverse les Écritures, la terre racontée dans le livre revêt une valeur exemplaire pour tous les hommes de tous les temps [...]. On peut penser qu'en liant terre et alliance avec une constance remarquable, la Bible révèle quelque chose de définitif et de normatif pour tous les habitants de la terre." Bref, pour A. Marchadour et D. Neuhaus, c'est chaque terre qui doit être une terre sainte. En ce sens, Israël est donc une terre exemplaire, car c'est dans toutes les terres des hommes que le Royaume de Dieu doit prendre corps. "Tâche immense, parfois désespérée. Aux disciples de Jésus de montrer que l'utopie peut trouver sur cette terre un commencement de réalisation." "Nous serions satisfaits, écrivaient A. Marchadour et D. Neuhaus, si, après la lecture de ces pages, nos lecteurs arrivaient à dépasser les jugements simplistes, souvent inspirés par la passion et par l'ignorance, et s'ils réussissaient ainsi à saisir quelque chose de la complexité du réel." Qu'ils soient rassurés ! Je peux témoigner, par divers échos reçus et entendus, que le contrat est rempli.
Pierre Debergé
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