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Recensions JUILLET - SEPTEMBRE 2005

Jérôme ROUSSE-LACORDAIRE, Jésus dans la tradition maçonnique.
La prestigieuse collection dirigée par Mgr Doré accueille un ouvrage qui peut surprendre ceux qui pensent que la franc-maçonnerie française, résolument hostile à l’Église, ignore tout de Jésus-Christ. Tel n’est pas le cas. Pour le montrer, Jérôme Rousse-Lacordaire a rédigé une étude approfondie. La première partie du livre est constituée par une enquête historique qui situe l’origine et le développement de la franc-maçonnerie française : “La franc-maçonnerie française entre Écosse et Angleterre”. Précise et rigoureuse, l’étude s’attache au rituel. Le chapitre suivant s’attache à la figure principale du rituel : Hiram, le bâtisseur du Temple dont le nom est emblématique pour les Maçons. Cette figure qui s’enracine dans les textes bibliques donne naissance à une légende diffusée au XVIIIe siècle, et qui informe depuis lors la franc-maçonnerie française. Or cette légende comprend plusieurs versions. L’étude minutieuse de J. Rousse-Lacordaire montre comment elle se développe en figures : “Hiram social”, “Hiram mystique” et “Hiram moral” (p. 79). Une version dit que Hiram, maître dépositaire de la Parole, a été trahi puis tué, mais qu’il est ressuscité, après avoir été enseveli dans le Saint des saints. Il est devenu une figure christique présente dans le rituel. Un autre lieu de rencontre (objet du chapitre suivant) est présente chez les rosicruciens qui font explicitement référence au Christ dans leurs rituels. En quête du christianisme primitif, ils voient en Jésus le fondateur de leurs pratiques initiatiques. J. Rousse-Lacordaire montre que ces éléments du rituel ont été très diversement interprétés tant par les Maçons eux-mêmes que par les Églises chrétiennes. L’attitude de l’Église d’Angleterre est sur ce point fort différente de l’Église catholique romaine. Le livre est érudit. Il pose au lecteur non-spécialiste plus de questions qu’il ne donne de réponses, car il faut entrer dans une logique d’un symbolisme dont l’anthropologie fondamentale est fort différente de la théologie sacramentelle classique où signes et symboles sont référés à autre chose qu’à leur production de sens, mais à un événement salvifique. En l’état, cet ouvrage, très savant et fort minutieux dans ses analyses, est une importante contribution au fragile et timide dialogue entre l’Église et la franc-maçonnerie.
J.-M. MALDAMÉ
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