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Recensions JUILLET - SEPTEMBRE 2005

Le Pontifical de la curie romaine au XIIIe siècle, Éditions du Cerf, “Sources liturgiques, 4”.
C’est une entreprise louable que de présenter à nouveau et de donner une traduction française des textes liturgiques qui ont marqué la vie de l’Église. Ici, c’est le texte latin du Pontifical de la Curie romaine du XIIIe siècle, édité par Michel Andrieu en 1938-1939, qui est repris. La traduction a été revue par Damien Sicard. L’ouvrage est destiné aux historiens (p. 33), ce qui, à notre sens, est une limite : il aurait mieux valu avoir en vue un lectorat plus large. Il est regrettable que tant dans le texte latin que dans la traduction, on n’ait pas intégré le texte des antiennes et des hymnes auxquelles renvoie le livre : cela aurait donné une idée plus exacte de la célébration liturgique au lecteur.
L’ouvrage est précédé d’une introduction de 33 pages qui, à notre sens, est un peu cérébrale et ne peut être réellement comprise que par les initiés auxquels l’ouvrage est destiné. Il aurait été bon qu’elle développât davantage l’histoire des Pontificaux pour donner une idée plus juste des problèmes qui se sont posés. Elle présente de manière intéressante les amendements liturgiques apportés au texte sous diverses influences, ce qui a donné sa structure à ce livre ainsi que des réflexions sur la langue, les monitions, les rubriques et les oraisons. Ce Pontifical aurait eu pour but, alors que la papauté était à son zénith, d’affirmer sa primauté en imposant la liturgie de Rome à toute la chrétienté. Ce n’est qu’après la tenue du concile de Trente que la romanisation liturgique va se répandre, grâce à l’imprimerie notamment qui permit la reproduction – et donc l’adoption – des livres liturgiques romains à moindre coût. Certains rites continuèrent toutefois à exister, certaines Églises gardèrent des particularités liturgiques et l’on créa même en France, au XVIIIe siècle, des textes pour la célébration de la messe et de l’office dont on se servit jusqu’aux années 1850. Cela aurait mérité d’être noté pour une meilleure mise en perspective – tous les historiens ne sont pas des spécialistes de l’histoire de la liturgie – et pour montrer que ce n’est que bien plus tard que la Papauté parvint à ses fins… avant que le concile Vatican II n’ouvre à nouveau la porte à l’adaptation liturgique et à l’inculturation.
Nous tenons toutefois à souligner l’intérêt de l’entreprise. Il faudrait la poursuivre en rééditant et en donnant une bonne traduction française des témoins majeurs de la liturgie de l’Église.
Ph. BEITIA
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