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Recensions JUILLET - SEPTEMBRE 2005

THOMAS d’AQUIN, Commentaire du “Traité de l’Interprétation” d’Aristote

Dans la nouvelle collection “Sagesses médiévales”, cet ouvrage de Thomas d’Aquin fait l’objet d’une longue introduction (p. I à CXXIV) donnant accès au texte de Thomas d’Aquin, dont le style haché n’est pas d’un abord facile. L’introduction donne la situation historique de l’œuvre de Thomas d’Aquin, qui a été écrite pendant son troisième et dernier séjour parisien. Cette période est celle du combat contre l’interprétation averroïste d’Aristote concernant le libre-arbitre de l’homme, la nécessité des événements et l’unité de l’intellect. La référence à Aristote est donc essentielle dans la vie intellectuelle du temps et de ce fait dans la responsabilité universitaire de Thomas d’Aquin. Ce contexte explique bien la raison d’un commentaire du Peri hermeneias. La deuxième partie de l’introduction expose le plan de l’œuvre et donne un résumé des dix-sept leçons. Ce résumé précise le vocabulaire grec et latin et le développement de la pensée de Thomas d’Aquin que les auteurs qualifient de “scientifique” (p. XXXI). La troisième partie précise le sens du mot “commentaire” dans les écoles du temps, tandis que la quatrième analyse de plus près “l’art thomasien du commentaire”. Derrière ce terme, se présente une série de notes qui donnent les raisons des positions de saint Thomas avec le souci d’en montrer la cohérence. La cinquième partie donne les références aux “Anciens sur lesquels on s’appuie” et de la sorte on accède à des questions plus fondamentales, objet de la sixième partie : “Qu’est-ce que la logique ?”, art et science mais aussi moyen d’accéder à la sagesse. La septième partie expose la liste des points alors disputés : 1. Comment connaître la vérité et quel est l’acte de l’intelligence qui connaît la vérité des choses ? ; 2. Peut-on connaître l’avenir ? Cette question mène à la question de savoir comment Dieu connaît l’avenir et donc la question de l’omniscience et de la Providence divine face au libre-arbitre. Une dernière partie conclut sur la nature de l’interprétation, ce qui pose la question théologique de la lecture, où Thomas d’Aquin privilégie la pensée sur les mots. La traduction est accompagnée de notes érudites qui précisent bien le sens des termes employés. Pour ceux qui sont entrés dans l’étude de la logique de saint Thomas à partir de manuels, cette traduction, qui dispense de la maîtrise du latin, est une excellente occasion pour lire saint Thomas et ce faisant, se laisser instruire par un vrai maître, soucieux de vérité au sens scientifique du terme, mais aussi de sagesse dans l’ouverture de son commentaire sur les questions de fond. J.-M. MALDAMÉ





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