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Recensions OCTOBRE - DÉCEMBRE 2004

Sous la direction de Dominique de COURCELLES, Stigmates
Sous la direction de Dominique de COURCELLES, Stigmates, ''L'Herne'', Paris, Éditions de l'Herne, 2001, 272 p.
Le copieux volume de l'Herne consacré aux stigmates ne tombe pas dans le défaut du livre précédent. D'une part, il est centré sur un phénomène bien précis dans une tradition bien précise ; ce qui donne l'occasion d'une étude rigoureuse menée de manière interdisciplinaire. Il y a place pour une étude historique, psychologique, médicale, philosophique et théologique. D'autre part, il donne des documents qui sont indispensables pour une étude sérieuse du phénomène de stigmatisation. Il apparaît clairement que le phénomène apparaît dans la tradition franciscaine au treizième siècle dans une lecture nouvelle des textes des Écritures, et en particulier de la célèbre et énigmatique phrase de saint Paul en Galates ''Je porte en mon corps les 'stigmates' de Jésus'' (6, 17). Le volume commence donc par une étude des Écritures : par le point de vue juif, puis chrétien ; il sonde aussi le Coran. Le propos est donc inscrit dans la perspective des sciences religieuses. La deuxième partie donne la parole à des études plus précises sur le phénomène en lien avec le stigmatisés ; ainsi se trouve mise en œuvre une véritable phénoménologie de l'amour et de son expression dans les corps. Les figures principales sont donc citées : François d'Assise, Raymond Lulle, Thérèse d'Avila, Maria Ignacia, et bien d'autres qui sont la base des études précises de la littérature qui s'attache à ce phénomène. La troisième partie consiste en une série d'études relevant des sciences humains : histoire, sociologie, psychologie, psychiatrie et tout particulièrement psychanalyse,... dans le souci de bien comprendre ce qui est en jeu dans les marques portées sur le corps hier et aujourd'hui. La quatrième et copieuse quatrième partie cite des documents. La série commence au Moyen Âge (Pierre Lombard, François d'Assise, Catherine de Sienne et autres textes). Il y a aussi des textes liés à des dévotions comme le Suaire de Turin. Les mystiques sont présents : Jean de la Croix, Saint François de Salles,... mais aussi des philosophes comme Montaigne, Descartes,... On cite également les phénomènes vécus au temps de la modernité : avec Thérèse Neumann, Padre Pio,... temps où l'observation médicale est plus rigoureuse. Une cinquième partie donne la parole à des auteurs qui ont une place importante dans la littérature : de Kafka à Rilke, ce sont des observateurs du mystère de l'être humain. Cet ensemble n'est pas confessionnel, mais il a le mérite d'arracher le phénomène aux facilités du merveilleux ou du légendaire - qui suscite le rejet - pour en proposer une approche qui honore la raison et donc contribue à l'étude théologique, par la collaboration d'esprits formés aux disciplines universitaires et qui savent être respectueux de leur objet d'étude.
J.-M. MALDAMÉ
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