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Recensions OCTOBRE - DÉCEMBRE 2004

Jean-Charles NAULT, La Saveur de Dieu, L'acédie dans le dynamisme de l'agir
Jean-Charles NAULT, La Saveur de Dieu, L'acédie dans le dynamisme de l'agir, Rome, Latran University Press, ''Studie Ricerche, 5'', 2002, 560 p.
Sous un titre qui ne dit qu'une partie du contenu de l'ouvrage, la Saveur de Dieu, Jean-Charles Nault, présente une étude scientifique sur un sentiment qui fait partie de l'expérience de la vie de prière : l'acédie. L'étude se veut exhaustive par un parcours historique. La première partie étudie la doctrine de l'acédie des origines aux prédécesseurs immédiats de saint Thomas d'Aquin. La deuxième partie se consacre à la place et au sens de l'acédie à l'intérieur de l'agir chez saint Thomas. La troisième partie aborde les questions morales. La notion de goût vient en conclusion de ce vaste parcours de théologie spirituelle mené dans la tradition bénédictine, faite de fidélité à la prière dans le souci de la paix et de la force d'âme qui traverse le temps. Jean-Charles Nault a bien conscience d'étudier un terme qui n'est pas à la mode dans la littérature spirituelle, aussi le mérite de son travail est-il de montrer comment ce terme a été forgé par la tradition de manière précise et rigoureuse et pourquoi il est dommage de ne pas s'en servir pour comprendre les phénomènes spirituels. Le mérite du travail est de montrer comment saint Thomas d'Aquin est l'héritier des Pères de l'Église et que pour cette raison, il est une référence pour qui veut mener une vie spirituelle exigeante faite de liberté et de disponibilité à l'action de l'Esprit-Saint. L'originalité du travail est d'avoir lié l'étude de l'acédie à une philosophie de l'action en étant attentif à la lettre de la question 35 de la Secunda secundae, complétée par le chapitre 11 du De Malo et du chapitre 54 du livre IV du Contra Gentiles. Un point qui mérite d'être relevé dans cette étude c'est d'avoir montré que la tristesse est un péché contre la charité qui est principe de joie (p. 228s). Ainsi la morale n'est pas moralisante, mais bien liée à la vie théologale. Il en va de même de l'action qui est liée à la charité active (p. 262s). La troisième partie étudie les auteurs spirituels et les théologiens qui ont suivi saint Thomas. L'enquête reste sagement à l'intérieur des auteurs que l'on trouve dans les bibliothèques monastiques. Rien n'est dit de la rencontre avec les sciences humaines. Ce serait un autre travail.
J.-M. MALDAMÉ
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