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- Recensions OCTOBRE - DÉCEMBRE 2004
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Gérard DESSOLLE, Ami citoyen de Digne, Jean-Gaspard Gassend (1749-1806)

Gérard DESSOLLE, Ami citoyen de Digne, Jean-Gaspard Gassend (1749-1806), Digne, Association pour l'Étude et la Sauvegarde du Patrimoine Religieux de la Haute-Provence, 2003, 176 p. En une centaine de pages, l'auteur a le mérite de présenter la biographie précise d'un oratorien devenu curé de campagne, qui fut membre du Comité ecclésiastique de l'Assemblée constituante. On suit avec intérêt la présentation qu'il donne du milieu familial où naquit Jean-Gaspard Gassend, troisième d'une famille de sept enfants : son père exerçait la profession de chirurgien à Digne. Élève des Oratoriens à Marseille, il reçut la tonsure très jeune et trouva un cadre d'études très ouvert où il réussit fort bien. Entré à 17 ans dans la congrégation de l'Oratoire, ordonné prêtre à 27 ans, il enseigna pendant quelques années avant de préférer devenir prieur-curé de la paroisse rurale de Barras, située à une vingtaine de kilomètres de Digne. Élu député du clergé aux États généraux, il exprima très tôt son désir de voir réformer les institutions politiques et ecclésiastiques. L'auteur nous apprend que dès le 12 juin, avec deux autres prêtres, le ''Prieur Gassend'' adhéra à l'appel de l'abbé Grégoire qui demandait que le clergé rejoignît le Tiers-État (p. 51) ; le lendemain, 13 juin, trois curés du Poitou se rallièrent au Tiers-État. On ne sera pas surpris de le voir élu le 5 février 1790 parmi les quinze nouveaux membres du Comité ecclésiastique, désignés pour faire avancer l'élaboration de la Constitution civile du clergé. Il y intervint habilement pour montrer les avantages qu'il y avait à établir un siège épiscopal à Digne et non pas à Sisteron ou à Riez : la municipalité de Digne lui exprima sa gratitude en le nommant ''Ami citoyen de Digne''. Il prêta le serment à la Constitution civile. En juillet 1791, il entra au club des Feuillants. À la fin de son mandat électif, il revint exercer son ministère à Barras. Devant la lutte antireligieuse, en décembre 1793, il se cacha et ne réapparut qu'un an plus tard. Dès lors, il s'orienta vers une activité civique, sans ministère sacerdotal. Élu au Corps législatif à la fin de l'année 1799, il vécut à Paris sans fréquentations ostentatoires, jusqu'à sa mort en 1806. Telle fut la vie modeste d'un clerc, intellectuel, lecteur de Voltaire, Mably, Rousseau, Diderot et Fleury, partisan de réformes, et qui survécut aux périls de l'an II. J.-C. MEYER





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