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Recensions JANVIER - MARS 2004

THOMAS D'AQUIN, Somme théologique, IIIa, q. 1-26, ''Le Verbe incarné''
THOMAS D'AQUIN, Somme théologique, IIIa, q. 1-26, ''Le Verbe incarné'', 3 vol., trad. et notes par Jean-Pierre Torrell, Paris, Éditions du Cerf, ''Éditions de la revue des jeunes'', 2002, vol. 1 (q. 1-6) 384 p., vol. 2 (q. 7-15) 512 p., vol. 3 (q. 16-26) 512 p.
Le retour de l'intérêt à saint Thomas d'Aquin chez les séminaristes a suscité la publication de nombreuses traductions des œuvres du docteur commun. Les 26 premières questions de la troisième partie de la Somme théologique sont rassemblées dans un traité publié sous le titre de ''Le Verbe incarné''. J.-P. Torrell, connu pour ses travaux sur saint Thomas et ses deux volumes de christologie, propose ici une traduction et des notes. La structure de l'ouvrage est exactement celle de la collection. Une très brève présentation, puis le texte latin et la traduction sur la même page, des notes explicatives en fin de volume, un exposé plus synthétique sous le titre de ''Renseignements techniques'' et enfin en appendice des textes suivis par des index et une bibliographie. L'édition précédente avait été réalisée par le Père Ch.-V. Héris, en 1927.
L'ensemble constitue un excellent instrument de travail pour l'étudiant désireux d'entrer dans la christologie de saint Thomas d'Aquin. Dans le premier volume, on trouvera un exposé synthétique de la christologie dans son histoire (panorama des hérésies christologiques, principales définitions dogmatiques, opinions médiévales sur le Christ), puis la théologie de l'union hypostatique (notion de personne et de nature, l'appropriation substantielle et les analogies de l'union hypostatique). Dans le deuxième volume, J.-P. Torrell expose ce qui concerne la grâce du Christ, puis la science du Christ et la question des affections du Christ. Les notes du troisième volume abordent la question de l'unité d'être du Christ, la question du monothélisme et celle du culte des images. Ces analyses sont érudites. J.-P. Torrell cite les sources, les opinions en débat.
L'ensemble reste strictement dans le cadre de l'explication du texte dans la culture du temps ou la scolastique postérieure. Pour cette raison, un lecteur non engagé dans des études spécialisées risque de se trouver dépaysé et même perdu. En effet, J.-P. Torrell ne fait jamais allusion à la pensée philosophique communément enseignée dans les Universités, ni aux connaissances bibliques concernant les textes cités. L'étude reste enfermée dans le cadre strict de la pensée thomiste ou thomasienne. Ce qui témoigne de sa rigueur. La clarté et la sobriété des explications aideront aussi ceux qui veulent découvrir la force et la grandeur de cette manière d'approcher le Mystère.
J.-M. MALDAMÉ
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