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Recensions AVRIL - JUIN 2004

Jean-Claude MEYER, Sur les chemins de la compassion ou la vie de Maurice Garrigou (1766-1852)
Jean-Claude MEYER, Sur les chemins de la compassion ou la vie de Maurice Garrigou (1766-1852), Baziège, Association Pélé-Jeunes-Région, 2002, 144 p.
Spécialiste de La Vie religieuse en Haute-Garonne sous la Révolution (1789-1801), titre de sa thèse, l’abbé Jean-Claude Meyer était particulièrement qualifié pour présenter, en un volume très accessible, la vie et la spiritualité d’un prêtre de Toulouse, ordonné le 18 décembre 1790. Confesseur de la foi, fidèle à Rome, Maurice Garrigou exerce son ministère dans la clandestinité pendant la période révolutionnaire. Après le Concordat de 1801, il est l’un des artisans de la reconstruction de l’Église par les œuvres qu’il fonde et inspire jusqu’à la fin de sa longue existence.
Prêtre instruit, disciple de saint François de Sales, Maurice Garrigou se dévoue aux pauvres et aux malades, à l’exemple de saint Vincent de Paul. Dans la tradition de l’École française, il est pénétré de l’idéal du prêtre “homme intérieur qui agit par Jésus-Christ”. Dès le séminaire, il tend à le réaliser par la contemplation du Christ dans sa passion et par la compassion à l’égard du prochain, surtout le plus souffrant. Il fait partie de l’Association des Amis, qui forme une sorte d’élite spirituelle. Il se préoccupe de rénover la formation du clergé et fonde la Succursale qui accueille des séminaristes des milieux populaires.
Se voulant humble serviteur, ce prêtre marque la vie et le renouveau spirituel de l’Église de Toulouse par ses nombreuses fondations : la Congrégation de la Sainte Épine, en 1804, pour développer chez les fidèles la dévotion à l’Ecce Homo, et l’affiliation à la Pieuse Confrérie du Sacré cœur, symbole de l’immense amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ ; la Congrégation des Religieuses de Notre-Dame de la Compassion, en 1817, avec Mère Desclaux : “Jésus sera votre modèle, et l’Évangile votre règle” ; soutenue par les religieuses, l’Œuvre des Plaies, association de dames vouées aux soins des malades.
Outre la précieuse chronologie biographique, on ne peut qu’apprécier la précision et la justesse avec lesquelles l’auteur décrit les œuvres de ce “rénovateur”, qu’il situe dans le contexte d’une époque déchristianisée. En se référant à la correspondance, il nous fait connaître les intuitions fondamentales de la spiritualité d’un prêtre, dont l’énergie intérieure surmonte les difficultés de tous ordres et les infirmités de la maladie comme de la vieillesse.
La conclusion sur l’actualité de ce témoin d’une grande tradition sacerdotale est soulignée par Mgr Marcus et par le professeur Cholvy : attention aux besoins des hommes de son temps, surtout des plus pauvres, accent sur la charité fraternelle entre prêtres, apostolat des laïcs appuyé sur la vie consacrée, invitation à tout chrétien “à vivre l’Évangile avec un esprit de simplicité et de compassion qui engendre l’amour” (dernière ligne du livre).
C. BRESSOLETTE
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