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Gérard DESSOLLE Étienne François-Xavier des Michels de Champorcin (1721-1807)

Gérard DESSOLLE, Étienne François-Xavier des Michels de Champorcin (1721-1807), Prêtre provençal, évêque de Senez, évêque-comte de Toul, prince du Saint-Empire, Digne, Association pour l’étude et la sauvegarde du Patrimoine religieux de la Haute-Provence, 2001,150 p. Dans un style soigné, l’auteur dresse l’intéressante biographie d’un évêque de l’Ancien Régime confronté aux contestations de la bourgeoisie de Toul et aux événements révolutionnaires. Le milieu familial aristocratique et la conception carriériste du sacerdoce, en vigueur chez un certain nombre de prélats français du XVIIIe siècle, se trouvent fort bien étudiés. Michels de Champorcin reçut le sous-diaconat à l’âge de 27 ans, soit cinq années après avoir été admis au grade de docteur en théologie. Chanoine puis grand-vicaire du diocèse d’Arles, il devint évêque du petit diocèse de Senez (1771-1773) dont, en bon pasteur, il effectua la visite (p. 39). Mais il le quitta bientôt pour le diocèse de Toul où il dut faire face à une situation fort délicate : faire accepter par son clergé et par la bourgeoisie locale la décision royale d’amputer une partie du diocèse afin de permettre l’érection d’un évêché à Saint-Dié. Il s’efforça de s’attirer la sympathie de son clergé : il répondait lui-même aux lettres, il rétablit les synodes ruraux que son prédécesseur avait supprimés (p. 58). Mais il ne sut pas ménager la respectabilité des notables de la ville épiscopale : en ayant limité l’accès au canonicat pour les fils des notables, il commit la même erreur d’autoritarisme que l’autorité royale représentée par l’Intendant (p. 67-69 et 71). Ses fréquents séjours à Paris contribuèrent à réduire sa disponibilité pour effectuer la visite canonique du diocèse (p. 60, 73, 76-77). Une crise d’autorité éclata au séminaire diocésain dont, en 1778, Michels de Champorcin renvoya le Supérieur, Antoine Adrien Lamourette, futur évêque de l’Église constitutionnelle (p. 66). Une distance s’introduisit entre l’évêque et ses prêtres qu’aggrava la décision épiscopale, prise le 9 mars 1782, d’interdire au clergé de s’assembler (p. 75-76). Malgré la tournée de confirmation effectuée en mars-mai 1789, l’évêque ne perçut pas les aspirations de ses diocésains (p. 80-81). Après son refus de prêter le serment à la Constitution civile du clergé, il se réfugie à Bouquenom (28 avril 1791) avant de gagner Trèves en mars 1793 (p. 88); les deux vicaires généraux qu’il désigna, administrèrent l’Église réfractaire du diocèse avec courage. En février 1800, il condamna la promesse de fidélité à la Constitution de l’an VIII (p. 90). Rectifiant certaines erreurs, l’Auteur précise que lorsque le pape, par le bref Tam multa (15 août 1801), demanda la démission des évêques légitimes, Michels de Champorcin acquiesça aussitôt (p. 93), avant de revenir en France en mars 1803 pour résider chez sa sœur et y mener une vie paisible. J.-C. MEYER (Exemplaire du BLE Tome CIII n° 4 Octobre - Décembre 2002)





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