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ACADÉMIE PONTIFICALE DES SCIENCES Science for Survival and Sustainable Development

ACADÉMIE PONTIFICALE DES SCIENCES, Science for Survival and Sustainable Development, Actes d’un séminaire de l’Académie, 12-16 mars 1999, “Pontificiae Academiae Scientiarum Scripta Varia, 98”, Vatican, 2000, 432 p. ACADÉMIE PONTIFICALE DES SCIENCES, Science and the Future of Mankind. Science for Man and Man for Science, publication conjointe des Actes d’un séminaire de l’Académie, 12-14 novembre 1999, et de la Session pléniaire de l’année jubilaire _10-13 novembre 2000, “Pontificiae Academiae Scientiarum Scripta Varia 99”, Vatican, 2001, XIV-528 p. 1. L’Académie pontificale des sciences ne se contente pas d’aborder des questions liées aux sciences pures ; elle s’intéresse aux applications de la science. Sous l’impulsion de Carlos Chagas, elle a pris en compte les problèmes globaux de l’humanité et étudie les moyens donnés par le progrès scientifique pour le développement des peuples. C’est dans cet esprit que s’est réunie une session spécialisée sur le thème qu’il est convenu d’appeler le “développement durable”. Le ton de l’ensemble est donné par la vive conscience de la précarité de la situation de la majeure partie de l’humanité. Une première partie de l’ouvrage traite des menaces héritées des dernières décennies qui pèsent sur l’avenir au seuil du nouveau millénaire. La notion de développement durable permet de les mesurer et d’inviter les scientifiques à se mettre au service de l’humanité à venir - contribution de P.H. Raven. Plusieurs points sont relevés : l’eau (P.H. Gleick), l’agriculture et les engrais (C. Pavan et J. Döbereiner), la sécurité _(R. Panda-Lorch), la globalisation du marché (A. Quadrio Curzio), les questions éconologiques (P.S. Dasgupta) et enfin les questions liées à l’énergie (W.S. Broeker). Une deuxième partie radicalise le propos en parlant de menaces pour la survie de l’humanité. Il s’agit des questions concernant le climat (M. Ghil), l’armement nucléaire (W.K.H. Panofsky), l’ignorance (E. Paté-Cornell), les systèmes urbains (G. Schaber). Une troisième partie est plus directement liée à l’évaluation des méthodes et des travaux scientifiques sur les domaines impliqués par les défis relevés. L’esprit qui se dégage des communications est celui d’utiliser les ressources intellectuelles dues au progrès de la science pour analyser et prévoir les évolutions. B. Mendelbrot expose les instruments mathématiques pour analyser les fluctuations économiques ; J. Leibowitz étudie les relations du simple et du complexe ; _U. Frisch et D. Sornette relèvent ce qui concerne les variations et les déviations extrêmes ; _A. Rinaldo expose ce qui relève des nouveaux moyens de communication ; L. Pietronero parle de l’auto-organisation des phénomènes naturels. Une dernière partie donne quelques exemples du rôle de la science dans le monde : pays sous-développés, Russie et Japon. Le discours du pape aux participants de ce séminaire de l’Académie pontificale des sciences replace les travaux dans le souci de l’Église catholique de promouvoir une doctrine sociale qui ne soit pas seulement généreuse, mais qui soit efficace et pour cela attentive à l’utilisation des moyens les plus modernes. Les citations de Populorum progressio et de Sollicatio rei socialis en donnent le sens et le sérieux dans une tradition qui ne cesse de s’enrichir de l’expérience de tous. Le colloque contribue à enrichir cette expérience. Pour sa part, les travaux scientifiques et leurs applications y participent. Comme ce colloque est le fruit de la participation des meilleurs spécialistes mondiaux, il serait bon que les moralistes n’ignorent pas de tels travaux dont la diffusion est hélas fort limitée en France. 2. L’ouverture du nouveau millénaire et l’année jubilaire ont donné lieu à des travaux qui orientaient l’attention vers l’avenir. La semaine de travail du mois de novembre prolongeait le colloque précédent en s’interrogeant sur la nature de la science actuelle et sur la nécessité que ses progrès soient mis au service de l’homme. Ce thème fut abordé sous divers points de vue. Il y a des communications techniques sur les aspects de la science qui sont impliqués dans les débats de société comme les développements des mathématiques (Y.I. Manin, L.A. Caffarelli), l’étude de l’atmosphère (P. Crutzen) ou du noyau terrestre _(R. Hide). Il y a également une réflexion sur la place de la science dans la société : problèmes de population (B.M. Colombo), du risque (A. Blanc-Lapierre), de l’agriculture (T.T. Chang). Un troisième aspect est la situation culturelle de la science : la technologie (P. Germain), l’utopie immanente au progrès (J. Mittelstrass), la question du sens (F. Jacques), le service de l’homme (J. Marias). L’exposé des thèmes retenus pour les communications ne suffit pas à rendre compte de l’enjeu d’un tel colloque. Il faut souligner qu’une telle assemblée internationale donne la parole à des spécialistes de divers pays ; le choix des intervenants en fonction de leur origine et de leur nationalité fait partie de la manière de traiter publiquement de la question. Il n’est pas indifférent par exemple de donner la parole à un savant venu de Chine ou à un européen pour parler des questions liées à l’agriculture et à l’urgence de nourrir les milliards d’hommes qui constituent l’humanité. Cet aspect était encore plus présent dans la Session pléniaire de l’année jubilaire. Sur le thème du futur de l’humanité, il y avait place pour des exposés qui ouvraient sur les questions les plus fondamentales pour l’avenir. La session a été marquée par l’arrivée au sein de l’Académie de douze nouveaux académiciens ; ils en renouvellent la composition. On notera la présence de savants venus de pays non-chrétiens (Chine, Égypte,…) ; de savants de confession religieuse non catholique venus du judaïsme, de l’islam ou de l’athéisme. Le critère de qualité scientifique est toujours premier, puisque plusieurs sont titulaires du prix Nobel ou “nobélisables”. Relevons simplement que les deux nouveaux académiciens français sont Claude Cohen-Tannoudji et Nicole Le Douarin. La session a donné la parole aux nouveaux académiciens qui ont présenté leurs recherches – c’est une manière d’appréhender l’avenir eu égard à l’importance de leurs travaux. Une des originalités de la session a été d’accueillir des propos qui situent le travail scientifique dans la continuité de la réflexion humaine, par des études historiques. Mais aussi par l’attention à la pensée soucieuse de sagesse, en particulier par la présentation de la tradition thomiste (E. Berti) et le retour d’un grand intérêt pour la philosophie de la nature (R. Swinburne). La dimension théologique n’a pas été ignorée ; elle a été honorée par le Cardinal Poupard (dans une perspective spirituelle), Georges Cottier (situant la demande de pardon qui concerne aussi la science - affaire Galilée oblige) et Jean-Michel Maldamé (notant la dimension messianique de l’espérance qui habite le travail scientifique). Cet ouvrage témoigne bien de la manière dont l’Église aujourd’hui se situe dans la culture de ce temps dont la science est un élément important. L’allocution du pape Jean-Paul II souligne des points forts de son enseignement : le souci de l’homme et l’appel à la responsabilité des chercheurs quant à la conduite de leurs travaux jugés du point de vue du respect de l’homme. J.-M. MALDAMÉ (Exemplaire du BLE Tome CIII n° 4 Octobre - Décembre 2002)





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