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Fabien BLANQUART

Fabien BLANQUART, Quel serviteur ?, Paris, Éditions du Cerf, “Initiations bibliques”, 2000, 200 p. Ancien responsable national du diaconat, professeur d’études bibliques à l’Institut catholique de Lille, l’auteur apporte ici une contribution importante au renouveau du diaconat permanent, initié par Vatican II. Les formes actuelles de ce ministère, on le sait, sont encore tâtonnantes, quoiqu’en pleine évolution. Non seulement les missions que l’Église de demain confiera à ses diacres restent en grande partie à discerner et définir, mais le sens et l’essence même de ce ministère sont, pour beaucoup de chrétiens, incertains. Une réflexion de fond, à la fois enracinée dans l’Écriture, appuyée sur les richesses de la Tradition, et attentive à ce que “l’Esprit dit aux Églises”, est donc aujourd’hui nécessaire. Le livre de F. Blanquart va dans ce sens, et fournit pour la première fois une étude complète et approfondie des textes comportant le mot diakonein et ses dérivés, non seulement dans le Nouveau Testament, mais dans la littérature grecque païenne et le judaïsme hellénistique. D’Héraclite à Épictète en passant par Platon et douze autres auteurs grecs, les textes rassemblés dans une première partie nous font ainsi découvrir la place originale du diakonos dans la société antique. Celui-ci, “assistant” de son maître plutôt que simple subalterne, est nettement distinct du doulos (esclave). Il assume des rôles très divers, tels ceux d’échanson, d’intendant, d’ambassadeur, de familier, d’homme de confiance. Il est caractérisé par son empressement et son zèle actif, qui “soulève la poussière”, selon une étymologie peu connue (p. 68). La deuxième partie du livre, plus courte, présente les occurrences du mot dans la Septante, chez Philon et Flavius Josèphe. On y découvre notamment le sens de ministre du roi ou de Dieu, donné par Philon au mot diakonos, et celui d’interprète et de messager de Dieu, par Flavius Josèphe. Le terme avait donc reçu un sens religieux dès avant le christianisme. Une centaine de textes, étudiés dans la troisième partie, proviennent des épîtres et autres écrits du Nouveau Testament. L’auteur les commente avec précision et pertinence, sans surcharge érudite. Des tableaux récapitulatifs rythment la réflexion. Éclairages exégétiques et historiques se complètent, traçant un portrait riche et stimulant du diacre chrétien. L’auteur insiste sur sa configuration au Christ, serviteur du Père et des hommes, dans un “ministère de transparence” (p. 177) et d’humilité. Il insiste aussi sur sa dimension universelle : trait d’union entre Juifs et Grecs, entre proches et lointains, le diacre assume un irremplaçable “service de liaison” (p. 182). Enfin, est analysée la similitude frappante entre les exigences concernant le diakonos et l’episkopos (1Tm 3, 1-13 ; cf. p. 137s.) ; l’auteur plaide en ce sens pour que le diacre apparaisse mieux comme “le diacre de l’évêque” (p. 183). Convaincante, l’étude de F. Blanquart devrait permettre de dépasser une fois pour toutes le propos habituel réduisant la mission des premiers diakonoi au “service des tables” : ce ministère ordonné a reçu dès l’origine une tout autre portée spirituelle et ecclésiale. Ceux qui s’y préparent aujourd’hui, ceux qui l’exercent, ceux qui réfléchissent à son avenir, tireront de ce livre un réel profit. D. VIGNE (Exemplaire du BLE Tome CIII n° 2 Avril - Juin 2002)(Exemplaire du BLE Tome CIII n° 2 Avril - Juin 2002)





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