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Archive recensions Théologie

sous la direction de M. Quesnel, Y.-M. Blanchard et Cl. Tassin

Nourriture et repas dans les milieux juifs et chrétiens de l’Antiquité, Mélanges offerts au Professeur Charles Perrot, sous la direction de M. Quesnel, Y.-M. Blanchard et Cl. Tassin, Paris, Les Éditions du Cerf, “Lectio Divina, 178”, 1999, 318 p. Le monde juif et chrétien de l’Antiquité est le champ auquel Charles Perrot a appliqué, tout au long de ses années de recherche et d’enseignement, ses qualités reconnues d’historien et d’exégète. Il était donc naturel que les mélanges qui lui ont été offerts à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire abordent ce monde. Quant au thème de la nourriture et du repas, non sans humour, ceux qui ont été à l’origine de cet ouvrage, écri-vent : “Tous ceux qui le [Ch. Perrot] connaissent à table y reconnaîtront une façon de célébrer son appétit et la convivialité qu’il sait créer dans les agapes fraternelles.” L’ouvrage commence en amont des débuts de l’ère chrétienne avec une première partie intitulée “Le repas et ses relectures dans le judaïsme ancien”. Outre l’étude de J. Briend consacrée aux sacrifices et repas rituels de l’Ancien Testament, d’autres contributions (textes du livre de Judith, de la Sagesse de Salomon, de Philon d’Alexandrie et des Targums) dessinent ainsi le tableau dans lequel s’est inscrite la pratique de Jésus, à laquelle est consacrée la deuxième partie. Particulièrement intéressantes sont ici les contributions de Jean-François Baudoz et Jean Delorme à propos des repas de Jésus dans l’Évangile de Marc ou de Michel Trimaille au sujet du “manger et boire” dans l’œuvre de Luc. Difficile également de ne pas citer ici l’article de Michèle Morgen sur “le festin des noces de Cana (Jn 2, 1-11) et le repas d’adieu (Jn 13, 1-30)”. Parce que l’approche des repas dans le Nouveau Testament ne peut pas se limiter à l’histoire, une troisième partie honore la dimension symbolique du repas, avec ses implications christologiques. Différemment, la quatrième partie s’attache aux repas rituels de l’Église primitive, notamment ceux que décrit Paul dans sa Lettre aux Corinthiens (1 Co 10, 14-22). La cinquième et dernière partie, intitulée “la nourriture et son interprétation mystique aux marges du christianisme ancien”, aborde trois traditions religieuses se situant aux franges de l’orthodoxie : les Odes de Salomon, les textes valentiniens, le corpus gnostique de Nag Hammadi. Globalement chronologique, ce parcours met en valeur la continuité qui existe entre l’Ancien et le Nouveau Testament : “Dans les sacrifices comme dans les repas rituels, c’est toujours en effet la générosité d’un Dieu qui se donne que le croyant célèbre.” Ce parcours révèle cependant un changement de perspective dès que l’on aborde des textes nés du mouvement de Jésus, “perspective nouvelle qui se confirme à mesure que la communauté des disciples prend le visage d’une Église chrétienne de plus en plus coupée de ses racines juives ; la dominante pascale imprègne alors tous les repas, même ceux qui pourraient, en apparence, sembler les plus banals”. Au terme de la lecture de ces différentes contributions, une question semble s’imposer : si on a dit parfois du christianisme et du judaïsme qu’ils faisaient partie des “religions du Livre”, ne serait-il pas plus exact de dire qu’ils sont des “religions de table”. En effet, des sacrifices de l’Ancien Testament aux célébrations familiales du shabbat, des repas de Jésus aux assemblées liturgiques des Églises primitives, une part importante de la vie religieuse juive et chrétienne dans l’Antiquité se passe au cours de repas pris en commun ! Qui dira que cela n’a pas d’importance ?





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