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Archive recensions Naissance du Christianisme

sous la direction de Bernard Pouderon et Yves-Marie Duval

L’Historiographie de l’Église des premiers siècles, sous la direction de Bernard Pouderon et Yves-Marie Duval, Paris, Beauchesne, “Théologie Historique, 114”, 2001, 586 p. On pourrait s’étonner de voir figurer ici un livre qui reprend les Actes du IIe Colloque international d’Études patristiques d’expression française, qui s’est tenu à Tours, du 11 au 13 septembre 2000. Dans les faits, comme le souligne Michel Quesnel dans la préface, “l’une des originalités de cette publication est qu’elle fait éclater certaines frontières, à commencer par la séparation académique classique entre exégèse biblique et études patristiques”. Et ce même auteur d’ajouter que “purement théologique, la distinction entre écrits canoniques, écrits apocryphes et écrits des pères apostoliques est sans fondement pour l’historien ; elle n’a donc pas été retenue ici, ce qui n’est pas si fréquent”. Cet ouvrage s’articule autour de sept grandes parties : Mémoire des origines et historiographie ; L’histoire militante : hérésiologie et hagiographie ; Eusèbe et ses continuateurs ; Les historiens ecclésiastiques grecs du Ve siècle ; Chronique et histoire ; L’histoire au service de la pastorale et de la théologie ; l’Église d’Éthiopie. Bien que l’ensemble des très nombreuses contributions qui constituent ces différents chapitres puisse sembler à première vue disparate, un fil conducteur unifie le tout : l’historiographie, aux débuts du premier millénaire, dans le monde chrétien antique, toutes origines et toutes tendances mêlées. Apparaît ainsi une autre originalité de ce livre : la distinction habituelle entre les aires linguistiques grecque et latine n’y est pas retenue. Pourquoi ? “Parce que les frontières entre ces deux mondes sont loin d’être étanches.” Enfin, s’il fallait indiquer une autre caractéristique de cet ouvrage dont on aura sûrement déjà perçu la richesse, c’est le fait qu’une autre distinction y est abandonnée : “Celle que l’on établit parfois entre les différentes façons d’écrire l’histoire : histoire proprement dite, historiographie, récit de mémorialiste, hagiographie, histoire littéraire, entreprise apologétique.” À ceux qui pourraient s’en étonner, on répondra qu’à la lecture des contributions qui constituent ce volume une question s’impose, plusieurs fois posée, implicitement ou explicitement : qui, parmi les historiographes chrétiens présentés mérite véritablement le titre d’historien ? Cette question est d’autant plus importante qu’elle conditionne une juste compréhension d’œuvres qui sont essentielles pour la connaissance des premiers siècles du christianisme. Sachant que certains faits sont ici rapportés par plusieurs de ces “historiens”, la comparaison de ce qu’ils en écrivent est en effet riche d’enseignements ! À cela on ajoutera que le lecteur trouvera dans ce volume des études inédites sur des auteurs antiques aussi importants que divers : Papias et Hégésippe, Cyprien, Eusèbe de Césarée, Socrate, Sozomène, Théodoret, Jean Chrysostome, Jérôme, Sulpice Sévère, Justinien, Jean Cassien, etc.





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