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Archive recensions histoire de l'Église

Gérard DESSOLLE
Gérard DESSOLLE, Paul-Benoît Barthe le solitaire (1739-1809), Un prêtre toulousain, évêque du Gers pendant la Révolution, Toulouse, Éd. Association Les Amis des Archives de la Haute-Garonne, 1999, 300 p.
L'auteur renouvelle les biographies consacrées à cette personnalité marquante de la Révolution dans le Midi. Il parvient à décrire l'enfance de Barthe, son séjour à Toulouse au séminaire Saint-Charles tenu par les sulpiciens, ses grades universitaires à la Faculté de Théologie de cette ville dont il devait devenir professeur et doyen. Barthe joua un rôle actif à la Société des Amis de la Constitution. Il conviendra de se montrer encore plus critique que l'auteur quand il commente en ces termes une récente tendance historiographique : «Depuis le concile Vatican II, certains historiens ont cherché à mettre en évidence les convergences entre la Constitution civile du clergé et les orientations actuelles de l'Église catholique, en particulier en ce qui concerne l'idée de peuple de Dieu [...]. Un tel rapprochement mérite réflexion...» (p. 9). On rappellera qu'il s'agissait uniquement d'ériger une Église nationale soumise à l'État (cf. notre article : «La Révolution et l'Église en conflit», BLE, 1989, p. 75-76) : tel était le but de la Constitution civile du clergé dont G. Dessolle remarque les «suites néfastes» (p. 92) et dont il donne le texte intégral (p. 235-250) parmi d'autres annexes intéressantes (p. 225-282).
Barthe, élu évêque du Gers, puis administrateur de ce département, commença une marche de solitaire. Après ses mandements hostiles au divorce, il fit partie des administrateurs du département destitués par la Convention le 11 juillet 1793. Détenu plus d'un mois à Paris, revenu à Auch, il fut dénoncé comme fédéraliste et incarcéré à Mont-de-Marsan, mais le 27 novembre il se laissa aller à adresser à la Convention une lettre d'abdication en y joignant sa croix pastorale. Libéré le 17 décembre 1794, Barthe reprit ses fonctions et il signa les deux lettres encycliques des évêques réunis par Grégoire. Pour subsister, il devint professeur de grammaire à l'École centrale d'Auch. Il s'efforça d'organiser son clergé et il participa au concile national. Démissionnaire de sa fonction épiscopale dès octobre 1801, il vécut ensuite dans la discrétion à Auch et il se réconcilia avec l'Église avant de mourir. L'auteur illustre ainsi cet épiscopat constitutionnel qui, engagé par idéal dans le mouvement révolutionnaire, en éprouva durement les rigueurs.
J.-C. MEYER
(Exemplaire du BLE Tome CI n° 3 Août - Septembre 2000)
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