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Église et culture en France méridionale (XIIe-XIVe siècle)

Église et culture en France méridionale (XIIe-XIVe siècle), ''Cahiers de Fanjeaux, n° 35'', Toulouse, Privat, 2000, 554 p. Ce sujet était des plus vastes et avait déjà été touché dans les colloques de Fanjeaux. Ce cahier en présente diverses facettes qui sont comme des sondages dans une abondante matière, regroupés sous trois chefs : l. Lieux et hommes de culture ; 2. La réception méridionale des disciplines universitaires ; 3. Le particularisme méridional : déclin et survie. Il semble, à première vue, que la culture méridionale est en retard sur celle des pays d'oïl où la théologie est florissante, au moins jusqu'au XIIIe siècle, et qu'après cette date, l'influence nordique lui imprime une progression dont témoignent les Universités de Montpellier et de Toulouse ainsi que les nombreux studia de religieux mendiants. Ce schéma se vérifierait pleinement si l'on ne considérait que les juristes, médecins et théologiens dominicains auxquels l'ouvrage fait une très grande place. Mais il y a, dès le XIIe siècle, les cours féodales où l'on chante la fin'amor comme un chemin de connaissance, où l'on trouve des clercs qui se font trobadors et des trobadors qui se font moines, et même des femmes trobairitz ; il y aura aussi les hérétiques et le courant franciscain qui aurait mérité d'être davantage considéré. Il est vrai que ni les écoles ni les bibliothèques ne sont la préoccupation primordiale des évêques et des chanoines du Midi, mais il s'agit tout autant de divergence que de carence de culture et les traits spécifiques du saber occitan continueront à se manifester quand s'imposera une intégration progressive au domaine royal. Notons le trilinguisme (latin, oc, oïl) du Liber divini amoris, dans le deuxième quart du XIVe siècle, et les statuts de l'Université de Toulouse, entre 1300 et 1330, qui montrent un fonctionnement qui n'est ni celui de Paris ni celui de Bologne. On n'y fait qu'une maigre moisson de ''questions disputées'', mais quand le nominalisme triomphe en Sorbonne, Toulouse reçoit le corps de saint Thomas regardé comme exégète biblique tout autant que penseur aristotélicien. Les influences nordiques, dont la polyphonie mesurée (ars nova) n'est qu'un exemple, sont ressenties comme un danger pour les traditions occitanes et les sirventès du XIIIe siècle prennent parfois le tour de nostalgiques lamentations. Mais c'est un élan de survie que manifeste alors l'euvre de Matfre Ermengau, dans son Breviari d'amor, qui appuie sur l'autorité de nombreuses citations de troubadours ses interprétations religieuses du perilhos tractat d'amor de donas. Et en 1323 est fondé à Toulouse le Consistori del gai saber, qui élabore ses diverses versions des leys d'amor, traité de grammaire et code de moralité. Ce 35e cahier de Fanjeaux dresse un panorama, partiel mais significatif, de l'histoire culturelle du Midi de la France au Moyen Âge, et donne le goût d'en poursuivre l'étude. R. CABIÉ (Exemplaire du BLE Tome CI n° 3 Août - Septembre 2000)





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