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Archive recensions histoire de l'Église

Évangile et évangélisme (XIIe-XIIIe siècle)
Évangile et évangélisme (XIIe-XIIIe siècle), «Cahiers de Fanjeaux, 34», Toulouse, Privat, 1999, 384 p.
Par évangélisme on entend ce renouveau de la spiritualité, difficile à définir, qui s'inspire en particulier de l'envoi des disciples en mission, dans les évangiles synoptiques, et de la description de la communauté primitive dans les Actes des Apôtres. Cette vita apostolica a servi de référence à l'institution canoniale, puis aux Ordres mendiants, surtout dominicain et franciscain, mais aussi à des courants déviants, comme celui des Vaudois.
C'est ce qui a fait l'objet des journées de Fanjeaux de 1998. Les premières communications traitaient de la diffusion et de la réception des Évangiles par la liturgie, la prédication, l'enseignement des écoles cathédrales et des Universités, ainsi que par les paraphrases et allusions dans la littérature de langue d'oc. Le texte est transmis par la Vulgate latine, selon des versions offrant entre elles quelques variantes, puis, à partir du XIIIe siècle, dans des traductions partielles qui ont vu le jour dans le sud de la France et en Catalogne (on pourrait, à ce sujet, se référer à l'ouvrage de A. Puig i Tàrrech, La Biblia a Catalunya, València i les illes fins al segle XV, Tarragona 1997/98).
Une seconde partie s'attache aux «Figures de l'évangélisme». Dans le sillage de la Réforme grégorienne, qui a promu une adhésion de la conscience personnelle à l'appartenance ecclésiale, un appel à la pauvreté volontaire se greffe sur la référence à la communauté apostolique (nudus nudum Christum sequi), comme le montrent la vie de l'évêque de Toulouse Louis d'Anjou, qui rappelle celle de son grand-oncle Louis IX, les groupes de pénitents laïcs dont parle Jacques de Vitry qui a tendance à soupçonner d'hérésie tous ceux du Midi ou encore la dévotion à la Madeleine (V. Saxer livre ici un nouvel aspect de ses recherches sur le dossier hagiographique magdalénien).
Une dernière partie est intitulée «L'Évangile en institution et en actes». Elle commence par un débat sur l'hérésie et son rapport à l'Évangile, entre J. Dalarun, C. Goiran, J. Paul, J. Duvernoy et J.-L. Biget où se sont notamment affrontés les points de vue de ces deux derniers. Du côté de l'orthodoxie, l'évangélisme est étudié chez saint Dominique, puis chez ses disciples et ceux de saint François, à partir des Vitae fratrum de Gérard de Frachet et de la Chronique des XXIV ministres généraux, où les observances régulières semblent tenir plus de place que les intuitions spécifiques des fondateurs. Quant aux laïcs, on assiste, chez les élites, à la progression d'une familiarité avec les Évangiles.
R. CABIÉ
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